« L’élément » de Ken Robinson

By 17 février 2014Inspirations

Provoque un effet ``WAW``

60%

Stimule la créativité

50%

Développe une aptitude pédagogique

35%

Amène à changer de paradigme

85%

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Dans son livre « L’Elément », Ken Robison reprend de nombreuses idées énoncées aux cours de ses conférences TED : on s’ennuie à l’école et le système est tellement mal adapté aux différences individuelles que ceux qui sont mis à la marge, qualifiés de « mauvais élèves », sont persuadés d’être bons à rien. Ce système ferme la porte à ceux qui ne rentrent pas dans le moule et produit de l’échec…

Et il pose des questions fondamentales : pourquoi apprendrait-on mieux assis sur une chaise ?

Ken Robinson énonce des critiques plutôt virulentes à l’égard du système éducatif :

– Les élèves qui n’arrivent pas à tenir en place et à se concentrer… habituellement on les nomme les « hyperactifs ». Voilà l’expédient que le système a trouvé lorsqu’il échoue à enrégimenter un élève… Alors on le soigne, pour qu’il arrête de bouger et qu’il écoute… mais c’est un pis-aller. Cette matoiserie honteuse nourrit des croyances supposément incontestables et acceptées collectivement telles que « si tu es bon en mathématiques et en musique, choisis les mathématiques pour ton avenir » … Le primat des mathématiques sur les autres disciplines est aberrant car il exclue du schéma « normal » les élèves qui ont une logique de pensée différente. Sans remettre l’enseignement en question, il les place immanquablement dans les catégories « non comprenant » et « aboulique ».

– Le système éducatif stigmatise l’échec : on nous apprend à ne pas faire d’erreur et à avoir peur de se tromper. Pourtant le droit à l’erreur est primordial car c’est lorsque l’on prend le risque de se tromper que l’on saisit la chance et l’opportunité de créer. Il n’y a pas de créativité possible quand on empêche quelqu’un de penser au delà des limites de ce que l’on lui a prescrit.

– A quoi sert l’université ? L’université produit des universitaires, et les universitaires se reproduisent entre eux… Partout dans le monde, les critères de sélection demeurent les mêmes : Au sommet, il y a les sciences, puis les sciences humaines, et tout en bas de l’échelle, les arts… Qui a dit que notre société avait moins besoin d’artistes que de mathématiciens ? Ce n’est pas tellement que la société n’accepte pas les artistes, c’est que le système éducatif n’est pas adapté à la variabilité et ne parvient pas à déceler les qualités et les potentialités intrinsèques des élèves, celles qu’il faut valoriser et exploiter pour leur bien-être et indirectement, celui de la société.

Même si Ken Robinson est meilleur orateur qu’écrivain, c’est un livre qui fait du bien parce qu’il explique pourquoi il n’est pas absurde de concevoir que l’on ait besoin de bouger, de danser, de chanter, ou de jouer pour pouvoir penser. En ce sens, il reprend de nombreuses anecdotes – dans lesquelles on se retrouve tous à un moment – racontées par des individus qui se sentaient engoncés dans un système scolaire, ne trouvaient pas leur place mais qui ont réussi à trouver d’autres moyens pour s’épanouir et réussir.

Version Papier

Version Kindle

  • Michel

    Felicitations pour votre revue. Cet ouvrage de reference de Ken Robinson est enfin disponible en français 5 ans après sa 1ere parution. Nos dirigeants seraient devraient s’en inspirer tant le système éducatif est inadapté au monde d’aujourd’hui. comme le rappelle KR, notre système éducatif a été conçu a l’aube de l’ere industrielle pour réponde au besoin de celle. Les attente de l’ere du numérique, de la communication et de la creation sont toutes autres.
    A titre d’information, cette ouvrage est traduit en chinois depuis plusieurs années et meme une lecture fortement recommandée dans les ministères de l’education et auprès des enseignants dans des pays asiatiques. Si l’Occident doit craindre l’Asie, cela ne sera certainement pas pour ses bas cout de main-d’oeuvre.